Repenser sa vision du chien

Adhérant complètement à cette vision du chien, je partage ici, le réflexion très pertinente d'une de mes collègues, Christine Col, éducatrice canin et éleveuse dans le Tarn (81).

« Une petite réflexion aujourd'hui qui me trotte dans la tête, amenée par le "cas" du petit Yari.

Les gens attendent énormément de leurs chiens. Qu'ils les aiment inconditionnellement, qu'ils leur obéissent, qu'ils leur fassent des câlins (quand ça les arrange), qu'ils les guérissent de leur mal-être, qu'ils n'aboient pas trop (ou pas du tout), qu'ils les protège, qu'ils remplacent un enfant (ou autre membre absent de la famille), qu'ils soient beaux, qu'ils soient photogéniques (si vous voyez où je veux en venir), qu'ils leur gagne des coupes, qu'ils soient des peluches, qu'ils les attendent sagement pendant les 10h où ils sont absents dans la journée...

Bien sûr, tout le monde n'attend pas "tout ça" de son chien. Et il est évident qu'on a envie de vivre en harmonie les uns avec les autres, sans que le bonheur de l'un n'empiète (trop) sur le bonheur de l'autre.

Mais parfois, je me dis aussi qu'il est très important de réaliser qu'un chien... ça n'est jamais "qu'un chien". Pas plus, pas moins.

Pas dans le sens où sa vie est plus (ou moins) importante ou précieuse que la notre (au risque d'en choquer certains). Je ne fais pas partie de ceux qui pensent que l'espèce humaine occupe une place de "suprématie" sur les autres espèces qui peuplent la planète. On est des mammifères, des animaux, au même titre que le chien. Je ne parle donc pas de la "valeur" intrinsèque du chien. Je ne parle pas non plus de la "valeur affective" que peut avoir un chien. Pour moi, ils sont des membres de ma famille, des amis, et je les aime profondément.

Je pense que parfois, on devrait laisser au chien sa vie (et sa place) de chien. Ne pas en attendre autant de lui. Juste l'accepter comme il est.

Il donnera ce qu'il peut, quand il le peut; et nous ferons de même.

Par exemple pour ce qui est de Yari, l'affection envers les humains, les câlins, les bisous, etc... c'est pas son truc. Le bonheur pour lui, c'est de jouer avec des potes canins. Mais parce qu'il est distant avec les gens, on le croit "malheureux", on l'appelle, on essaie de l'attirer... on lui mets sur les épaules toutes sortes de "pressions" pour qu'il change, pour éliminer son "défaut".

Sans penser que Yari, bah il est juste comme ça, et que ça lui va. C'est peut être à nous d'en attendre moins de lui, et d'accepter que ses besoins à lui, ne sont pas ceux qu'on voudrait.

Et quand je le vois faire le dingue avec les copains, sourire jusqu'aux oreilles, faire le fou en sautant partout, lancer les jouets en l'air et les rattraper, j'accepte sans problème le fait qu'il n'a pas besoin de moi (en tant que pourvoyeuse d'affection) pour être bien dans ses pattes.

Peut être il faudrait essayer parfois de renverser les rôles... NOUS devons les protéger, les aimer inconditionnellement, leur donner ce dont ils ont vraiment besoin (des limites certes, pour bien vivre ensemble, mais des libertés aussi...).

Parce que aimer, bien souvent, c'est aussi lâcher prise, et laisser au chien la liberté d'être un chien. »

 

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J'interviens chaque semaine à la SPA de Gennevilliers (92) pour accompagner les familles dans leur projet d'adoption.

J'organise des Balades éducatives et collectives les samedis et dimanches matin de 9h à 10h30, sur le Val d'Oise. Pour en savoir plus, contactez moi.

Interventions en Cabinets Vétérinaires 

 

 

 

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